Souvenirs d’enfance

de notre journal Equinews

Un jour, au détour d’une promenade, un cavalier a vu la petite flamme Capture d'écran 2015-12-08 17.13.51d’envie qui brillait dans mes yeux d’enfant et m’a prise sur son cheval. Ce jour-là j’ai eu l’impression que le paradis était descendu sur terre. Ce n’est qu’à l’âge adulte que cette petite graine de passion est devenue réalité pour moi.

En souvenir de ce moment inoubliable je propose 2 après-midi de découverte du cheval aux enfants du passeport vacances de la région de St-Aubin. Et depuis 2 ans c’est toujours le même plaisir partagé qui est au rendez-vous.

Il était une fois dans la forêt de Corserey…

L’activité s’appelle « découverte du cheval » mais il serait plus juste de dire « petit voyage émotionnel en compagnie d’un cheval ». Le voyage commence à « l’écurie du bonheur »ou ma petite jument attend les enfants (5 au maximum âgés de 5 à 12 ans avec un adulte qui nous accompagne). Il faut calmer les plus excités et encourager ceux qui ralentissent le pas en entrant dans l’écurie. L’enfant est-il aussi courageux qu’il le pensait ? Il faut parfois ajuster le rêve à la réalité. Les questions se bousculent et j’en profite pour expliquer qu’un cheval est un animal assez peureux et très réactif et qu’il faut tenir compte de cela lorsqu’on se trouve avec lui. Un petit rappel des règles de sécurité ramène déjà un peu de calme et les enfants peuvent voir que la jument est différente lorsqu’ils sont plus calmes. Certains enfants ont peur lorsque le cheval est à portée de main. Etre à l’écoute et permettre à chaque enfant d’exprimer ce qu’il ressent est pour moi très important car je suis encore une cavalière assez peureuse et je lis bien dans ces petits yeux ce que la bouche n’ose pas dire. La peur, la timidité, l’impatience, l’inconscience, l’excitation et la joie sont au rendez-vous et il faut un peu de temps pour qu’un climat favorable s’installe pour commencer à panser le cheval. LyliChez chaque enfant il y a de la peur, qui se mue en appréhension, puis se transforme en courage pour toucher, caresser, brosser et finalement oser s’assoir sur le cheval. La peur est-elle trop tenace ? On prend le temps de la reconnaître et il est permis de rester spectateur et de passer son tour, il y a toujours un plus expérimenté qui saura donner confiance. J’encourage les enfants à exprimer leurs craintes et leur laisse le temps nécessaire pour les dépasser.

Puis vient le moment de mettre la selle et la bride et de sortir de l’écurie. Ce n’est pas toujours le plus vantard qui se propose en premier pour monter sur le cheval. En général ceux qui connaissent déjà vont en premier mais il arrive qu’un tout petit prenne son courage à deux mains et demande à être le premier. Même si la jument est petite c’est haut pour un petit bout de chou de 5 ans. Ce n’est pas tout de s’assoir, quand le cheval avance c’est encore bien différent. Le visage se crispe ? On s’arrête. On respire un coup et ça repart quand l’enfant est prêt. Parfois c’est trop d’émotion et l’enfant préfère descendre en reconnaissant qu’il a peur. En général je le félicite d’avoir le courage de le dire en répétant qu’il n’y a pas de honte à avoir peur et qu’on peut aussi aller à pied jusqu’à la forêt.

La caravane avance joyeusement sur le chemin qui mène à la forêt et cela même sous la canicule ou la pluie. La cabane forestière et la place de jeu permettront d’évacuer les émotions et de se défouler en attendant son tour. Chaque enfant pourra faire deux petits tours sur le cheval dans la forêt pendant que les autres jouent. Certains essayent même le trot. Je tiens toujours le cheval en main et ces petits tours sont autant d’occasions de partager avec chaque enfant ses impressions dont voici quelques exemples :

« j’ai un peu peur mais (silence)….. ou là là comme j’aime ça »

«  Comme c’est bon d’être là, dans la forêt, assis sur ce cheval »

« j’ai pas peur …j’ai pas peur … mais …mais j’aimerais bien descendre, non, oui, non, oui… finalement je veux plus descendre »

« mais comme je me sens bien …. »

Toutes ces émotions donnent faim et un goûter est le bienvenu avant le retour à l’écurie.

La jument prend les 4 heures avec nous, c’est rigolo et les dernières craintes sont avalées en même temps que le gâteau.

Si le temps le permet les enfants pourront doucher la jument et surtout lui donner des carottes pour la remercier pour ce bel après-midi. Cela fait peut-être sourire mais je suis sûre que ma jument apprécie la joie des enfants. Tous les enfants montent sur le cheval et rentrent le cœur joyeux. Je pense qu’ils ont aussi appris à mieux se connaître à travers ce qu’ils ont vécu durant cet après-midi. Les chevaux nous apprennent beaucoup si on les écoute. Certains aimeraient déjà s’inscrire pour l’année suivante. Quel beau cadeau !

« Etre capable de trouver sa joie dans la joie de l’autre, voilà le secret du bonheur « disait Georges Bernanos. C’est exactement ce que je ressens lorsque nous nous quittons et malgré la fatigue c’est  avec une immense joie au fond de moi que je quitte l’écurie.

Alors, amis cavaliers, si vous croisez un enfant dans la forêt qui a les yeux qui brillent quand il vous voit passer, pensez-y, il y a peut- être un petit cheval qui galope dans ses rêves…

equiconteUne cavalière de Corserey